Germoraline ? C’est quoi ? Un truc qu’on prend pour écrire ? Un truc qu’on transmet en écrivant ? Un peu des deux. Germoraline, c’est bon pour moi, pour vous. C’est bon pour tout.

Mercredi 6 janvier 2021

Chères lectrices, chers lecteurs,

Je commence à comprendre comment ça fonctionne, un blog. Je teste, j’appuie sur des boutons… Parfois il y a des petites surprises. Des couacs.

Vous avez reçu il y a quelques jours une publication estampillée Germoraline dont le contenu était de Delphine Surrans. Dommage pour moi, qui n’ai pas écrit ce texte, dommage pour elle, qui était à peine mentionnée, dommage pour vous qui n’avez pu lire jusqu’au bout ce billet intitulé « Mon amour, je t’aime et tu… »

Aujourd’hui, je n’ose pas me lancer dans la création d’une « ancre » qui – WordPress me l’assure – vous renverrait, par un petit lien malin, directement au début dudit billet.

Et vu mon succès avec leur bouton « reblog », je crois que c’est raisonnable.

À l’ancienne donc, voici un lien, qui aura peut-être le bon goût d’être émulable, vers le site de Delphine, son « blog d’une auteur en devenir ». Vous y trouverez délicatesse, sensibilité… et maîtrise technique. Et la suite de « Mon amour, je t’aime et tu… ».

https://delphinesurrans.wordpress.com/

Pardon et des bises à tout le monde !

Vendredi 1er janvier 2021

Ah ! On remet Germoraline en route.

Ça me fait un effet.

J’ai fait du vide pour l’occasion, j’ai tout jeté de 2020, je le regrette déjà, et je suis tentée de recycler quelques vieux textes, par exemple celui-ci, qui date du 15 mai et s’appelait Ecouter quand ça cogne :

On ne peut pas dire que je sois vraiment sortie. On peut même dire que je ne suis pas sortie. Je n’en fais pas un titre de gloire, pas même une originalité : des gens comme moi, il y en a plein, paraît-il, qui ne veulent pas sortir, des « nostalgiques du confinement », comme on les appelle parfois. Je ne suis nostalgique de rien, juste, je continue. Je continue ma vie retirée, à écrire mes histoires, sans consommer, sans voir les gens. Je choisis de continuer. Parce que c’est devenu urgent, ces choses à écrire. Cette expression, « je choisis de continuer » me rappelle quelque chose, soudain. Je vais essayer de vous raconter :

C’est en 1968, c’est le premier Golden Globe Challenge, le tour du monde à la voile par les trois Caps, en solitaire, sans toucher terre et sans assistance. Ça passe ou ça casse. Bernard Moitessier, le “vagabond des mers du Sud”, 44 ans, refuse même d’emporter une radio à bord de Joshua.

Cap de Bonne-Espérance, Cap Leeuwin, il fait la course en tête. Après avoir passé le Cap Horn, il s’éloigne de la zone des icebergs, commence à remonter vers le nord, et on l’attend déjà avec le champagne sur la ligne d’arrivée, à Plymouth. Le beau de l’histoire, c’est qu’il n’en sait rien. Il sait qu’il est passé, seul et sans escale, mais il ne sait pas qu’il est le premier. Et à vrai dire il s’en fout maintenant ; il décide de “redescendre”, il quitte la course. A l’aide d’un lance-pierre, il catapulte un message sur un cargo :

« Je continue sans escale vers les îles du Pacifique, parce que je suis heureux en mer, et peut-être aussi pour sauver mon âme »

« Sauver mon âme » : un SOS à l’envers. Ne me secourez pas, ne me retenez pas, je sauve mon âme. J’écoute mon cœur qui cogne. Il y a des choses prioritaires, et pour moi, aujourd’hui 18 mars 1969, faire route vers la Polynésie est une chose prioritaire. 

Pour 2021, je vous souhaite la Polynésie.

Note : “Ah ! On remet le Voyage en route. Ça  me fait un effet. Il s’est passé beaucoup de choses depuis quatorze ans.” : c’est le début de la préface à la première réédition de Voyage au bout de la nuit après la guerre, rendons  à Céline ce qui est à Céline.

Quand la belle au bois dormant se réveille…

Quand la belle au bois dormant se réveille, elle a presque cinquante ans. C’est le dos de ses mains qui le lui dit. Les tendons, les articulations, tout est bien visible. Ce n’est pas que ce soit moche, mais ce n’est pas bon signe. Des veines bleues soulèvent une peau fine et finement quadrillée. Pas de taches brunes encore sur sa peau claire, ce n’est pas la vieillesse, donc. Mais ça y ressemble.

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